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Interview : Pr Jan Lindhe (Suède) & Dr Denis Cecchinato (Italie)

 

 “La résorption lente est un avantage majeur”

 

Le Pr Jan Lindhe (Suède) et le Dr Denis Cecchinato (Italie) sont des pionniers de la recherche sur l’alvéole d’extraction. A l’occasion de leur visite au siège de Geistlich en Suisse, ils nous ont fournit quelques éclairages sur leurs conclusions et concepts cliniques.

 

Pr Lindhe, votre thème de recherche porte sur la formation osseuse dans l’alvéole d’extraction. Quel est le niveau de connaissance actuel à ce sujet ?

Pr Lindhe : Nous avons trouvé dans nos études des différences très marquées à plusieurs endroits de la crête édentée cicatrisée. Par exemple, la région maxillaire antérieure est très différente de la région distale mandibulaire. Ces différences concernent la quantité d’os lamellaire, de moelle osseuse, et l’épaisseur de la partie corticale1.

Nous avons également trouvé que la composition des tissus variait entre sites greffés et sites non greffés (édentation de plus d’un an)2.

 

Quelle est la différence entre ces sites ?

Pr Lindhe : La phase de remodelage, phase de formation de l’os lamellaire et de la moelle osseuse, se produit plus tardivement dans les sites greffés que dans les sites non greffés. Néanmoins, un biomatériau efficace comme Geistlich Bio-Oss®  sera complètement entouré d’os néoformé, et à certains endroits également, de moelle osseuse, ce qui signifie que le remodelage a bien lieu.

 

Dr Cecchinato, est-ce que ce remodelage osseux tardif a un impact sur la pose d’implant ?

Dr Cecchinato : Non, je ne pense pas. Avec Geistlich Bio-Oss®, Berglundh et Lindhe ont déjà montré en 1997 que l’ostéointégration dans les sites greffés et non greffés était exactement la même.

 

Geistlich Bio-Oss® se résorbe lentement. Est-ce un avantage ou un inconvénient pour la préservation de la crête ?

Pr Lindhe : La résorption lente est un avantage majeur. C’est ce qui fait la beauté de Geistlich Bio-Oss®. Un substitut osseux avec un « turn over » élevé peut provoquer une contraction du profil de crête au moment de la pose de l’implant, et représente alors un inconvénient. Geistlich Bio-Oss®  donne de la stabilité au volume de crête au fil du temps, et, associé à l’os néoformé, il sert de base pour la pose de l’implant, même s’il ne peut pas totalement empêcher la résorption des parois osseuses.

 

Dans quel cas diriez-vous que la préservation de la crête alvéolaire est essentielle pour les futurs traitements ?

Dr Cecchinato : Pour l'esthétique. Dans la région postérieure, nous devons parfois élargir une alvéole dans le but de maintenir assez de volume dans la dimension bucco-linguale ou bucco-palatine. Mais cela arrive moins souvent. De notre point de vue, il n’est pas possible de placer un implant au-delà de la racine mésiale de la première molaire.

 

Pensez-vous que la préservation de crête est une technique que chaque chirurgien-dentiste devrait connaître et appliquer ?

Pr Lindhe : Oui, car c’est une procédure très simple. Il est nécessaire de préserver le volume osseux avant de poser un implant. Les augmentations osseuses réalisées, dans un deuxième temps, au moment de la pose de l’implant, sont moins prévisibles.

 

Verena Vermeulen

 

References:

1.     Lindhe J, et al. : Clin Oral Implants Res 2013; 24(4):372-77.

2.     Lindhe J, et al. : Clin Oral Implants Res 2014 ; 25(7): 786-90.

3.     Berglundh T, Lindhe J: Clin Oral Implants Res 1997; 8(2): 117-24.